Trois matches, trois buts marqués. Face à une Espagne qui en compte désormais 10 et une Angleterre qui en totalise 11, le contraste est saisissant. À l’heure actuelle, les Bleus accusent un véritable retard sur le plan offensif. Pendant que les deux sélections enchaînent les buts et disposent de plusieurs joueurs capables de faire la différence, l’équipe de France de Zinédine Zidane cherche encore son rythme devant.
Deux machines qui ne reposent pas sur un seul homme
L’Espagne impressionne depuis le début de cette Ligue des nations. Après trois journées, la Roja affiche trois victoires et dix buts inscrits. Lamine Yamal en est évidemment l’une des principales armes, mais le danger ne se limite pas au jeune Barcelonais. Plusieurs joueurs ont déjà participé à cette production offensive. Lors du succès 4-1 contre la Croatie, Yamal a inscrit un doublé, tandis que Marc Pubill et Nico Williams ont également marqué. Ce samedi, face à la Tchéquie, Yamal, Rodri et Mikel Merino ont encore trouvé le chemin des filets dans la victoire espagnole (3-1).
Mais la force espagnole réside aussi dans la richesse de son effectif. De la qualité du onze de départ aux solutions disponibles sur le banc, la Roja dispose de nombreuses options capables d’apporter de la fraîcheur et de modifier le scénario d’une rencontre. Les entrants peuvent accélérer le jeu, apporter de nouvelles solutions et parfois être directement décisifs. Une profondeur qui offre à l’Espagne une capacité supplémentaire à faire basculer un match.
Même constat en Angleterre. Les Three Lions ont déjà marqué 11 buts en trois rencontres. Harry Kane, avec quatre réalisations, figure parmi les meilleurs buteurs de la compétition, tandis qu’Anthony Gordon en compte trois. Mais là encore, l’équipe de Thomas Tuchel ne repose pas sur un seul joueur. Bukayo Saka, Jude Bellingham et Morgan Rogers ont également marqué. Le spectaculaire 7-0 infligé à la Croatie en a encore été la démonstration, avec des doublés de Kane et Saka, ainsi que des buts de Bellingham, Gordon et Rogers.
Et l’Angleterre possède elle aussi une profondeur impressionnante. Les solutions ne manquent pas lorsque les changements interviennent. Les joueurs qui entrent peuvent conserver l’intensité, apporter de la vitesse ou profiter de la fatigue adverse pour faire la différence. Autrement dit, le danger ne disparaît pas lorsque les titulaires sortent : il peut simplement changer de visage.
Et la France dans tout ça ?
Le contraste est saisissant. Trois buts en trois matches, soit trois fois moins que l’Espagne et presque quatre fois moins que l’Angleterre.
Surtout, les trois réalisations françaises portent seulement deux noms : Kylian Mbappé et Michael Olise. Mbappé a marqué en Turquie, avant qu’Olise ne donne la victoire aux Bleus en Belgique puis n’ouvre le score contre l’Italie. Cette dernière rencontre s’est finalement soldée par un nul (1-1).
Le problème n’est évidemment pas de remettre en cause la qualité de Mbappé ou d’Olise. Il est ailleurs : quelles sont les autres sources de buts de cette équipe de France ?
Face à des sélections capables de multiplier les buteurs et de créer du danger dans plusieurs secteurs, les Bleus ne peuvent pas éternellement attendre une inspiration de leurs deux principales armes offensives. L’Espagne peut faire mal avec Yamal, mais aussi avec Rodri, Merino, Nico Williams ou Pubill. L’Angleterre possède Kane, mais également Saka, Bellingham, Gordon ou Rogers.
Et surtout, la menace ne s’arrête pas aux onze titulaires. C’est peut-être l’une des principales différences avec la France à l’heure actuelle : l’Espagne et l’Angleterre peuvent modifier leur visage en cours de match grâce à des remplaçants capables, eux aussi, de faire basculer une rencontre.
Zidane face à un premier vrai chantier
La France possède pourtant les individualités pour rivaliser. Mais avoir de grands joueurs ne garantit pas automatiquement une attaque capable de fonctionner comme une véritable force collective.
C’est précisément là que Zidane est attendu. Si l’Espagne et l’Angleterre continuent d’afficher une telle efficacité, les Bleus devront être capables de répondre dans les grands rendez-vous. Et avec seulement trois buts en trois matches, le chantier offensif apparaît évident.
La question n’est donc pas de savoir si la France possède suffisamment de talent pour rivaliser avec l’Espagne et l’Angleterre. Elle est de savoir si, dans son état actuel, elle dispose de suffisamment d’armes offensives et de solutions pour répondre à deux sélections qui présentent déjà une remarquable diversité devant le but, mais aussi une profondeur de banc capable de changer le cours d’un match.
Deux machines à buts sont lancées. Et même lorsqu’elles changent leurs pièces, le danger reste intact. La France, elle, doit encore trouver la bonne formule.
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